Following the Letters by Hilary SUNMAN 8

Following the Letters by Hilary SUNMAN 8



huitième traduction

Part Two : Life Torn Apart

7 – France divisée :

I – L’effondrement

La division de la France fut rapide et brutale. L’invasion allemande descendit jusqu’à Angoulême, Bordeaux et Grenoble et, après l’armistice, la ligne de démarcation entre la France occupée et la France non occupée suivait à peu près un axe nord depuis les Pyrénées orientales vers Angoulême, Poitiers et Tours, qui se trouvaient tout juste dans la zone occupée, puis obliquait grossièrement vers l’est à partir de Tours, par Vierzon, jusqu’à la Suisse. Des départements, des communes, et jusqu’à des familles, furent coupés en deux par cette ligne tracée à la hâte mais immédiatement appliquée, et c’est l’un des souvenirs qui reviennent avec le plus de force chez les écrivains et chroniqueurs de l’époque. Si le Lot se trouvait nettement en zone non occupée, la ligne passait en revanche à travers la Dordogne, la Gironde, la Charente et bien d’autres départements, coupant les grands fleuves français.

La ligne coupait même en deux le château de Chenonceau, qui enjambe le Cher, en Indre-et-Loire : la rive droite était en zone occupée, la rive gauche, du côté du château, en zone non occupée. Pendant l’Occupation, on s’en servit souvent comme d’un passage permettant de fuir du nord vers le sud à la faveur de la nuit, car, bien que des gardes allemands surveillassent la rivière, lorsque les patrouilles étaient hors de vue, la châtelaine, Simone Menier, déverrouillait la porte de la galerie qui traverse le fleuve, aidant ainsi des centaines de personnes à s’échapper.

Toute la côte, de Bordeaux vers le nord, formait ce qu’on appelait la Zone interdite, et les fortifications élevées sur son littoral prirent le nom de Mur de l’Atlantique. La ligne de démarcation était pour les Allemands un instrument commode de contrôle du territoire, et ils la surveillaient avec férocité. Elle constituait une barrière presque infranchissable, qui soulignait la puissance de l’occupant. Pour la franchir, il fallait un laissez-passer, un Ausweis, document qui n’était jamais délivré comme un droit, mais seulement comme une faveur. Aucune correspondance personnelle entre zone occupée et zone libre ne fut autorisée avant septembre 1940, et je n’ai trouvé aucune lettre échangée en 1940 entre les de Folmont de Bordeaux – Geneviève et sa mère – et les Ouillères.

Les règlements liés à l’occupation furent promulgués d’emblée avec une grande efficacité et, dès le 18 juillet 1940, un journal conservé parmi les lettres, La Défense, expose certaines des conditions de l’Occupation. Ainsi, les ouvriers agricoles qui avaient fui le nord du pays – désormais zone occupée – sont requis de regagner leurs fermes et autres exploitations. La circulation des véhicules est limitée à ceux affectés aux services d’intérêt général, c’est-à-dire les transports publics, les médecins et sages-femmes, les vétérinaires, les fournisseurs de denrées alimentaires – tandis que l’usage privé des véhicules est interdit, sauf dans certaines circonstances particulières, comme un déménagement ou un accident. Les véhicules doivent recevoir un permis du Service départemental des Ponts-et-Chaussées et être autorisés par les commandants militaires au niveau de l’arrondissement. Sont également annoncées les nominations de secrétaires généraux dans divers ministères et départements du nouveau gouvernement de Vichy – le journal se félicite notamment de l’entrée de Pierre Laval, deux fois ancien chef du gouvernement français et ami de longue date de l’Allemagne, dans le cabinet de Pétain. Le journal se place sans ambages derrière l’État français et derrière le Führer.

Car, au début de juillet, le gouvernement s’était enfin installé dans la ville thermale de Vichy, en Auvergne, qui donna son nom à l’administration de l’Occupation. Vichy est une jolie ville élégante, au bord du lac d’Allier, et, en 1940, elle présentait trois grands avantages : un nombre important de chambres d’hôtel et de bâtiments publics, un excellent réseau ferroviaire reliant le pays du nord au sud et d’est en ouest, et – point capital – un système téléphonique flambant neuf. Enfin, les ministères pouvaient se parler.

L’exode, cet immense déferlement de population à l’approche de l’armée allemande, fut une réaction instinctive à la peur ancestrale des armées victorieuses – peur du viol et du pillage – et au refus, chez beaucoup, de vivre sous occupation. Mais en pratique, l’armée occupante se montra d’abord très correcte, très policée, presque respectueuse. Tout comme Edmond Besse avait été aidé à travers la France sur sa bicyclette volée, l’occupation de Paris se fit sous des dehors convenables et courtois. Sartre écrit dans son essai Paris sous l’Occupation : « Ils n’obligeaient pas les civils à leur céder le passage sur les trottoirs. Ils offraient leur place aux vieilles dames dans le métro. Ils témoignaient d’une grande tendresse pour les enfants et leur caressaient la joue. » Bien disciplinée, l’armée allemande avait reçu l’ordre de bien se tenir, et, selon les mots de Sartre, « elle s’efforçait de le faire avec timidité et conscience ». Les soldats payaient leur nourriture dans les magasins – un autre témoin se souvient d’une commerçante criant à ses voisines : « Ils paient ! » en agitant une liasse de marks désormais aussi courants que les francs. Les Allemands aimaient Paris, achetaient des appareils photo, se faisaient photographier devant la tour Eiffel ou Notre-Dame, achetaient des cartes postales et mangeaient français avec un enthousiasme proche de la gloutonnerie (Sartre encore). Hitler aussi aimait Paris et y vint qu’une seule fois, visitant tous les hauts lieux touristiques, accompagné de son architecte Albert Speer et de son sculpteur favori, Arno Breker, qui avait été étudiant en art à Montmartre (et l’un des amants de Jean Cocteau).

Mais sous cette bonne tenue apparente, les contraintes imposées aux Français furent immédiates et, à terme, brutales. Outre la frontière étanche entre zone occupée et zone non occupée, l’Allemagne affirma sa domination au moyen d’une multitude de règlements et d’obligations. L’un de ces instruments fut la monnaie. Le franc fut aligné sur le mark, à un taux de change qui, avec le temps, devait appauvrir considérablement la France. Une autre mesure de contrôle fut le passage immédiat du pays à l’heure d’Europe centrale allemande, avec une heure d’avance sur l’heure française, décision profondément ressentie comme une humiliation par la population.

***

Je suis allée à Vichy à l’été 2017 pour un bref séjour, et il est difficile d’y imaginer les années d’occupation et de trahison. Le soleil scintillait sur le lac d’Allier, les places et les parcs étaient ombreux et feuillus. L’opéra se dresse au centre du parc des Sources, auquel on accède par des allées couvertes de délicates pergolas en fer forgé reliant flâneurs et promeneurs aux restaurants et aux hôtels, les protégeant tout ensemble de la pluie et du soleil. Pourtant, en juillet 1940, c’est dans cet opéra que siégea le Parlement national lorsque, à une large majorité – dans une atmosphère d’autoflagellation, selon un journaliste de l’époque – de 569 voix contre 80, il vota l’abandon de la IIIe République pour instaurer un nouveau fascisme français, l’État français.

Vichy fut en réalité la ville natale et le lieu d’enfance de Paul-Henri – c’est lui qui m’a parlé du central téléphonique. Il était enfant pendant les années d’Occupation, mais j’ai eu l’impression que, de son point de vue, la politique du temps n’affectait pas tant que cela la vie quotidienne. Sa tante Geneviève venait parfois leur rendre visite ; elle était représentante en matériel médical et parcourait la France pour vendre son équipement, ce qui lui permettait sans doute d’obtenir sans difficulté un Ausweis.

La ville demeure discrète sur cette période de son histoire ; ce qui se comprend sans doute, mais cela fut frustrant pour la chercheuse, même si cela m’a appris quelque chose du rapport des Français à ces années-là. Je voulais comprendre ce que la ville avait dû éprouver, mais il n’existe presque aucun mémorial des années d’Occupation, comme si cette période ne jetait plus qu’une ombre très pâle sur le présent. Situé au centre-ville, en face de l’opéra de l’autre côté du parc, l’office de tourisme occupe un élégant bâtiment de style Empire, l’Hôtel du Parc, au 23 rue du Parc, qui abritait en réalité le cabinet de Vichy et le bureau de Pétain, bien que cette identité soit peu mise en avant. Le pavillon Sévigné, grande villa traditionnelle dominant le lac, est également désigné comme la résidence privée de Pétain. Mais il existe peu d’indices visibles rappelant que la ville fut le siège du gouvernement collaborationniste de Vichy. J’ai eu le sentiment que cette histoire n’intéressait plus grand monde. Pourtant, c’est la charmante employée de l’office de tourisme qui m’expliqua l’importance du 23 rue du Parc et me dirigea vers un ouvrage récemment publié, une sorte de répertoire topographique de Vichy : Vichy – rues par rues, Vichy Capitale 1940-1944. C’est un livre singulier, paru en 2014, soixante-dix ans après les événements, qui montre exactement où étaient installés les différents ministères et services – finances, information, commerce, transports. Il y a quelque chose d’inquiétant à parcourir aujourd’hui ces rues tranquilles, bordées de boutiques agréables et de maisons paisibles, tout en sachant, par exemple, que le cinéma du Casino, rue Maréchal-Foch, abritait la Milice et ses salles de torture au sous-sol, ou que deux villas du boulevard des États-Unis servirent, après 1942, de quartier général à la Gestapo. Un seul monument commémore les 75 000 Juifs « étrangers » envoyés de France à Dachau sous le gouvernement de Vichy, mais même cette plaque précise que toute la population de Vichy ainsi que les Églises s’opposaient à la déportation. Le récit reste donc celui d’une France contrainte par les nazis et qui n’aurait joué aucun rôle actif. Que Vichy ne mette pas en avant son sombre passé est compréhensible ; mais cette plaque-là m’a semblé particulièrement spécieuse. Ce n’est qu’en 1995, avec l’élection de Jacques Chirac à la présidence, que le tabou du silence fut enfin rompu et qu’il admit que « le gouvernement français avait secondé la folie criminelle de l’occupant ».

Je me suis demandé ce qu’avait dû être Vichy à l’été 1940, après cette défaite militaire vertigineuse et le bouleversement de l’exode massif. Je me suis alors tournée de nouveau vers William Shirer, qui écrivait cette fois dans le London Times en 1940 et décrivait ainsi la ville:

« … l’endroit est bondé au-delà de toute capacité. Il est plein de réfugiés aisés venus de la France occupée, ainsi que d’officiers français impeccablement vêtus et d’aspirants politiques. Ils encombrent les cafés, les hôtels et les boulevards. Les réfugiés et les officiers jouissent du calme et des plaisirs modérés qu’on peut y trouver. Les ambitieux, eux, pêchent activement dans les eaux agitées de la politique, dans l’espoir d’y trouver un poste agréable. Il y a assez de nourriture pour ceux qui peuvent se permettre de l’acheter, à condition toutefois de ne pas être amateur de beurre et de ne pas s’attendre à trouver dans les boutiques un grand choix de produits de luxe. »

Ici, écrit-il, il y a peu de signes laissant penser que la France vient de subir l’une des plus grandes défaites de son histoire.

Une fois installé à Vichy, Pétain nomma Pierre Laval ministre d’État, poste qui le plaça au plus près du gouvernement et de l’occupant nazi. Plus tard, Laval succéda à Pétain comme chef du gouvernement, mais dans les premières années du régime de Vichy, les deux hommes furent alliés, car Pétain avait besoin à ses côtés d’un politicien dur, capable de mener les marchandages inévitables avec les Allemands.

Ils furent nombreux, en France, à croire que Pétain agissait comme il le fallait, et à partager son analyse selon laquelle l’armée n’était pas responsable du désastre. Ce qui était arrivé à la France, c’était la faute de la mascarade de la IIIe République, des Juifs, des francs-maçons, des socialistes, des instituteurs et des députés – bref, celle d’une décadence profonde de la société. Et les soutiens de Laval et de Pétain ne venaient pas tant de l’extrême droite fasciste que d’un centre désabusé, écarté dans les années trente par le Front populaire de Blum. Quant à Pétain lui-même, on le tenait pour un homme de bien, un homme de principe et de justice. Lorsqu’il prit le pouvoir, il déclara : « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. » Il adoptait là un langage christique, s’élevant au rang d’agneau sacrificiel : « J’ai souffert pour vous, avec vous. »

Tout le monde ne se laissa pas gagner par cet appel empreint de piété ; Simone de Beauvoir écrivit avec colère que « le ton de son homélie [lui] soulevait le cœur ». Pourtant, comme beaucoup d’autres, elle fut soulagée par la seconde partie de son message – il fallait que les combats cessent. « Continuer aurait été une terrible absurdité », écrit-elle. « Des hommes seraient morts pour un simple simulacre de résistance. » Elle fut aussi soulagée à l’idée de la paix, et à la perspective de voir Jean-Paul Sartre libéré de son camp de prisonniers de guerre et rentrer chez lui.

William Shirer encore, commentant les événements sans le secours du recul historique :

« La plupart des Français semblent considérer l’effondrement total de leur pays avec une résignation qui a l’apparence de l’indifférence. Ils sont, il est vrai, abasourdis par la rapidité de la débâcle, mais ils ne manifestent aucune réaction violente à un choc aussi grand et aussi inattendu. Des soldats, en nombre considérable, sont démobilisés et rentrent chez eux, et l’on se dit dès lors que la catastrophe ne saurait être si épouvantable. La machine de propagande allemande travaille sur cet état d’esprit. Les attaques de la R.A.F. contre les aérodromes de la région occupée servent de preuve que les Britanniques, qui ont déjà abandonné leur alliée, lancent maintenant des assauts directs contre le foyer même du Français. »

Il suggère encore que les manœuvres du gouvernement Pétain n’éveillent guère d’intérêt chez les gens ordinaires :

« Le Maréchal lui-même n’est pas considéré avec grand enthousiasme. Ses exploits militaires pendant la dernière guerre sont généralement reconnus, mais son entrée de dernière minute dans la politique ne soulève guère d’émotion dans le cœur du Français… »

Les termes de l’armistice paraissaient relativement bénins : du moins le pays tout entier n’était-il pas occupé, et la France était autorisée à conserver un gouvernement. Mais ses forces armées furent réduites à 100 000 hommes seulement, effectif identique à celui que l’Allemagne avait été autorisée à conserver par le traité de Versailles vingt-deux ans plus tôt, et le pays dut payer les frais de l’Occupation, au taux de 20 millions de marks par jour – soit 400 millions de francs. Le montant fut modifié une ou deux fois pendant les années d’Occupation, mais l’effet cumulé fut que la France versa au Reich près de 60 % de son revenu national.

La France fut également autorisée à conserver sa marine – avec la promesse qu’elle retournerait dans ses bases du temps de paix et serait démobilisée et désarmée, mais qu’elle ne serait pas réquisitionnée au profit de la machine de guerre allemande. La Grande-Bretagne, pourtant, ne se fia pas aux promesses de Hitler. Une partie importante de la flotte française stationnait à Mers el-Kébir, en Algérie. En juillet, Churchill adressa un ultimatum à Darlan, l’amiral en chef. Les Français pouvaient rallier les navires britanniques à Gibraltar et gagner des ports britanniques avec des équipages réduits ; ils pouvaient aussi chercher refuge dans des eaux neutres, aux États-Unis ou aux Antilles ; ou encore saborder leurs bâtiments. Faute de quoi, les Britanniques attaqueraient. L’ultimatum fut rejeté, et la flotte fut détruite en vingt minutes, avec 370 marins français blessés et 1 147 tués. Cela nourrit une amertume durable contre la Grande-Bretagne, alimenta une guerre de propagande et n’encouragea en rien le soutien à de Gaulle outre-Manche.

Pendant ce temps, Pétain goûtait pleinement son rôle de figure de proue de l’État français. Une idée fondamentale sous-tendait sa vision de la vie – et du commandement : si la France n’avait pas su se défendre comme il le fallait, c’était parce qu’elle était devenue molle et décadente. L’autocritique sur la décadence française revient sans cesse dans les écrits consacrés à la IIIe République, en particulier chez les auteurs de droite. Pétain choisit pour devise du régime de Vichy le slogan Travail, Famille, Patrie, en remplacement de Liberté, Égalité, Fraternité. Un véritable culte de la personnalité entoura le vieillard : les écoliers commençaient leur journée en chantant « Maréchal, nous voilà » – Maréchal, nous sommes à toi – et toutes les salles de classe de la zone non occupée affichaient son portrait, « une horrible image en couleurs de cet homme aux sept étoiles », tandis qu’à Noël les enfants étaient « encouragés » à lui envoyer cartes, dessins et messages. Il reçut des millions de lettres, d’enfants comme d’adultes. Fidèle à son ton de haute moralité, Pétain créa un certain nombre d’organisations « volontaires » à l’échelle nationale. Parmi elles figuraient les Chantiers de jeunesse – sorte d’équivalent, peut-être, des Jeunesses hitlériennes. Une fois sortis de l’école, les jeunes avaient besoin, pensait-on, du soutien continu et de l’endoctrinement d’un culte paternel ; les Chantiers de jeunesse étaient obligatoires, substitut au service militaire disparu avec l’armistice. Les jeunes hommes y étaient appelés pour cinq mois d’un régime mêlant scoutisme et valeurs militaires – exercice physique, hygiène, esprit communautaire et vie rurale -, une formation virile.

Après la signature de l’armistice, ceux qui venaient de la zone occupée furent tenus d’y retourner, mais beaucoup restèrent, et le sud-ouest comme le Massif central devinrent, en particulier, des lieux relativement sûrs pour des Juifs français qui s’étaient crus à l’abri, qui s’étaient pensés français avant tout plutôt que juifs. Ils eurent raison de se cacher, car les persécutions ne tardèrent pas. Très vite apparurent des lois antisémites répressives. À la mi-août, les Allemands interdirent aux Juifs qui avaient fui vers le sud, en zone non occupée, de revenir en zone occupée, et ordonnèrent un recensement des Juifs dans le nord. Le 3 octobre, le gouvernement de Vichy promulgua le premier Statut des Juifs, qui définissait la judéité et interdisait aux Juifs l’accès aux hautes fonctions publiques ; dès le lendemain, on annonçait que tous les Juifs étrangers seraient internés pour une durée indéterminée.


‹ Retour

Une réponse à « Following the Letters by Hilary SUNMAN 8 »

  1. Avatar de Evelyne BOUDET
    Evelyne BOUDET

    Je débute juste la lecture
    J espère qu Hillary pourra trouver un éditeur qui voudra publier ses écrits

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *